Gaïa-graphy, Mapping the Critical Zones

“Architectural Design at the Time of Anthropocene: A Gaia-graphic Approach to the Critical Zones”

Research by Alexandra Arènes at the University of Manchester, PhD, MARG (Manchester Architecture Research Group)

Landscapes impacted by the Anthropocene era require new understandings and descriptions. The research aims first to examine how landscape studies treat this new climate regime and explore new conceptual and design tools to give meaning to this new “Nature”. Secondly, with an interdisciplinary research method, the thesis will consist in reconceptualizing and re-visualizing landscapes through a new model, both theoretical and diagrammatic, not geocentric but “gaia-centric”, which implies a change in our traditional categories. As we need to rethink landscapes, we also need to explore new ways to study them. We will rely on an emerging network of geoscientists studying the Earth’s Critical Zone in landscape observatories around the world. This new perception of the landscape based on cycles would require a redesign of our tools and conceptual thinking. Indeed, unlike the globe, which is a view from nowhere, the critical zone is located and corresponds to the thin layer of the planet where life has proliferated from the top of the canopy to the deep rocks below. It corresponds to an animated Earth, Gaia, the result of the terraforming of living beings. From this, the model can be applied to a range of different sites, from industries to urban areas, including those whose climate is particularly sensitive to disturbance.

Research Article in The Antropocene Review: Giving depth to the surface: An exercise in the Gaia-graphy of critical zones;Avec Bruno Latour et le réseau OZCAR (Observatoires de la Zone Critique) coordonné par Jérôme Gaillardet, Institut de Physique du Globe de Paris. 

©AlexandraArènes

Gaia-graphie est une recherche transdisciplinaire au croisement de l’architecture, des arts et des sciences environnementales. A partir des données récoltées dans l’enquête de la “zone critique”, il s’agit d’expérimenter différents types de projections, ou visualisations, allant des cosmogrames (champs de l’anthropologie) aux outils de modélisation de data (champs des sciences de la Terre). Le projet vise la fabrication d’un outil de modélisation et de visualisation, ou d’une forme de cartographie dédiée à l’étude et la compréhension de la « zone critique », qui pourra ensuite être utilisée à des fins politiques (planification territoriale). Le modèle ou prototype issu de cette recherche visera à représenter la zone critique depuis une perspective intérieure, c’est-à-dire sous la « peau terrestre ». Cette peau est peuplée de différentes entités vivantes qui l’animent et génèrent les divers phénomènes étudiés par les scientifiques de la zone critique. Par conséquent, les paysages ne sont plus des backgrounds à l’action humain mais le site de luttes ou d’associations inter-espèces. Les sols ne sont pas des supports de construction mais un milieu riche d’interactions entre différentes entités, dont les trajectoires sont orientées, déviées, redirigées par ces entités, y compris humaines, se croisant sans interruption depuis des milliers d’années.

La “zone critique” est la mince pellicule superficielle de la Terre où l’eau, le sol, le sous-sol et le monde du vivant interagissent. Cette zone a été nommée “critique” par les géochimistes, parce que s’y concentrent la vie, les activités humaines, et leurs ressources.

A l’intersection de la géologie, de l’hydrologie, de la géochimie, de la géophysique, de l’écologie et de la pédologie, une nouvelle discipline (ou un nouveau jeu de collaborations parmi les disciplines) a récemment émergé pour étudier les Zones Critiques (ZC). Cette expression couvre d’abord un réseau d’observatoires autour du monde (la plupart du temps des bassins versants totalement équipés) dédié à l’étude des variations des couches allant des sommets de la canopée jusqu’aux roches imperturbables au-dessous. Dans un sens plus large, le terme ZC désigne la zone fine et poreuse à la surface de la Terre affectée par la vie qui a su suffisamment modifié les cycles géochimiques de façon à créer une zone surprenante, loin de l’équilibre, et qui a fini par former une sorte de peau, un vernis, un placage, une pellicule à la surface du globe.

©AlexandraArènes