Cartographier le vivant

 

“La carte de Belval n’est pas facile à lire si l’on n’est pas instruit par les autochtones dans sa signification. Mais c’est exactement le sens de la comparaison avec les aborigènes australiens. Une carte à l’occidentale est justement faite pour se passer des autochtones et de leur conduits vers l’attention qu’il faut porter au paysage multiple.  Donnez nous des cartes illisibles de loin, sans apprentissage, sans guide locaux, et nous apprendrons ainsi un autre régime de découverte et de proximité. C’est cela respecter l’éthique de la collaboration des disciplines à l’époque de l’Anthropocène. D’autre part, on ne peut pas oublier l’immense quantité d’artefacts nécessaires à la lecture d’une carte d’état major.  Que ces artefacts n’existent pas dans la carte de Belval n’enlève rien à l’objectivité de son contenu.”

Bruno Latour